l'éclair de la rose

carnet web du poète robbert fortin

mardi, janvier 25, 2005

les mensonges tu préfères

Les mensonges tu préfères ça
aux heures sans paroles

à supposer que ce soit
ta vraie nature de mentir
quand tu te prends pour la mer
dans mes bras et que tu roules
tes cheveux d'eaux noires devant moi
pour me séduire c'est du pareil au même
c'est nul la mer
et tes yeux de quai des brumes
qui jouent les timides
pour traquer ma mémoire

tu t'empares de la seule terre que je possède
et tu laisses avant de partir
tes noyés en spectacle tes conquêtes
comme autant de bouteilles perdues en mer

tu me dis : ils sont morts de m'avoir trop aimé
tu ne vois rien d'étrange là-dedans
chaque fois tu oublies

tu prétends revenir hanter mes jours
les mots que je traverserai sans toi
je te jure j'atteindrai
la lumière de Cuba avant toi




lundi, janvier 24, 2005

TU M'AS JAMAIS VU TOI

Tu ne m'as jamais vu toi
dépasser le sel des morts
avec des gestes de vertige
les paumes alertes aux grenades du soleil
le visage inquiet dans les coulisses des fables
la chevelure noire comme un toit qui s'écroule
le coeur par terre à réparer ses désastres
à ce point défait pour finir dans la cendre
avec des os qui fendent la pierre

tu ne m'as jamais vu toi
les yeux plus paisibles qu'une planète
je m'éclipse comète vers l'aube
dans une fournée d'étoiles
pour dépasser l'horaire
que tu me donnes à suivre

tu ne m'as jamais vu toi
quand je m'éveille
aussi vaste que la terre

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dimanche, janvier 23, 2005

TOUT NE PEUT S'EXPLIQUER

Tout ne peut s'expliquer par la voix
tous les samedis tu portais
ta chemise bleue pour corriger
l'incertitude de la lumière du jour

tes yeux lisaient les mouvements
de la terre et tu prenais la posture
des arbres comme on adhère
à l'immobilité de soi
devant l'amplitude des horizons

souvent tu t'abstenais de paroles
en entourant de petits soins
ta dévotion au silence
tu laisser parler tes gestes pour toi
c'était plus fort que toi

tu as cru la vie des quantités de fois
comme on ouvre un livre
le visage absorbé
dans ses propres pensées

avec juste ce quelque chose
de la lenteur tu t'approchais
des choses fragiles en restant là
sans parler pour ne pas déranger
la chorégraphie des forêts

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jeudi, janvier 20, 2005

À LA CHAIR UN SANGLOT

À LA CHAIR UN SANGLOT
(poème pour Saint-Denys Garneau publié dans Marcher avec Saint-Denys Garneau, anthologie québécoise, coll. DU FAUNE

Nous brûlons de la même lumière
du même blasphème de la lumière
aux jeux aux ombres seul
noir à boire la nuit le monde
nous écrivons dégâts peine et plaies
en barbouillant je dans la marge
grandes ratures abîme
en-dessous de nos notes intimes:
solitude et architecture
de la solitude une sensation de douleur
sous la poitrine comme si la blessure
ajoutait à la chair un sanglot de Verlaine

une vie de poète m'as-tu répété
en allumant ton regard l'espace
entre les noeuds et le destin
qui nous fait plier la langue
en pensant musique les yeux
fixés sur le néant

une vie de poète et de peintre écris-tu
en tirant la page la couleur
du côté de la fiction
chaque fois que ton bras
déplace ce jeune mort étendu
sous le plafond silencieux

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mercredi, janvier 19, 2005

poème générique

nous sommes ici
domaine générique
du poème
code barre 007140346
lent apaisement des choses
il émane de cette rencontre
quelques métaphores xyz
ajoutées au sens large

du générique des mots
comme si le pollen du logiciel
émettait un credo d'actions
vers accouplement

homme-ordinateur-poésie

barre code fonte (p) #ooooFF
grandeur =3) vers l'index
quelques tubes de lumière surgissent
où laisser passer le corps l'esprit
à la rencontre des points noirs du soleil

les liens percutent-il tes sentiments
ou en créent-ils d'autres
en ouvrant les mots
vers un univers neuf

ceci est un test
un premier éveil
vers d'autres explorations poétiques
équation plus value (p)vecteur b2b2c
entre la création et le temps imaginaire

le propre de l'imaginaire
est de n'avoir aucune posture définitive
et de faire avancer l'inexplicable
vers la clarté d'un monde
qui se donne ses propres racines d'images

témoins d'un petit vertige au coeur



mardi, janvier 18, 2005

JE ME DONNAIS UNE JOIE

Je me donnais une joie qui n'était pas à moi
pour remplacer celle qui perdait de l'altitude
mon coeur se voulait vaste
il aspirait toutes les larmes du corps
pour nettoyer ses désastres


un autre que moi vivait
sous ma peau sa lumière de soleil triste
ses yeux penchaient du côté des rivières
ses paupières d'eau grisées d'une même eau à naître

ainsi mes cris parlaient
plus hauts que le jour
pour filtrer leurs brûlures
et leurs courts ciels éteints


lundi, janvier 17, 2005

ce qui t'échappe

Note d'auteur:( étude pour poème en progrès)
_____________

laisse
ce qui t'échappe
t'échapper
pour alléger l'apprentissage
de ce qui te reste à apprendre

trop à transporter allourdi
encore plus un coeur
qui déjà marche mal dans ses pas

l'aider à se refaire d'une blessure
demande de le nourrir de petits riens
que la vie donne eaux de sources
à la racine du corps et combien
d'autres nourritures encore
tu les connais
pour en avoir fait des poèmes

fort d'un élan de forces
qui l'amènent à rejoindre la berge
avant de reprendre le large l'être
demande à boire aux fleurs du puits
avant de relancer ses jours
vers des rivages neufs

ce qu'il lui reste à découvrir
demande pour comprendre
que l'espace les sons et l'être
s'ouvrent devant lui

poésie naissances
parcours voyage ce qui est dedans
comme en la mer pour apprendre
la force de ta terre et de tes os

parcours comme en la terre
pour t'accorder le droit
de marcher dans la rue dans l'univers
le pas que tu rêves
ce pas réel qui est le tien

commence par je te donne
et crée le premier poème
qui se présente à toi

l'esprit de tes actes
t'a déjà conduit vers la parole
tu le sais cela t'a déjà mis
en disposition d'ouverture
dans ta marche poème

pourquoi n'en serait-il pas ainsi
aujourd'hui quand tu risques
un autre premier vers l'instinct
dégage une énergie matière première
composée de lumières et de sons
lance-toi dans le mouvement des sphères
tes sens doublés de perceptions

vite le souffle que tu donnes à ta vie
suit le feu que tu allumes en toi
si l'air le vent te font pousser des ailes
c'est que tu viens d'entrer dans le poème

suis-le avec cette tête de fou
qui t'allège l'esprit le corps
des jours mauvais que tu veux traverser
va jusqu'aux enfers s'il le faut
pour revenir allégé et grandi
de la leçon des ténèbres

revenant sur terre la mer
te paraîtra neuve au regard
celui que tu auras voyagé en toi-même
aura appris un pas de plus
en naviguant vers sa propre lumière

notre séjour ici nous suit ailleurs
être terre mers espace sont des lieux
que le corps a choisis
pour faire rêver la tête
dans la musique des sphères